ILS l'ont écrit ...!

BEAU GESTE

L’interpétation eniouée d’œuvres de la Grande Guerre, sur Piano Pleyel à double clavier.

Bardé de diplômes (Ecole des mines, Polytechnique), I’ingénieur acousticien Gustave Lyon dirigea la maison Pleyel à la fin du XlXe siècle et au début du XXe en manipulateur génétique intrépide. En 1928, il mit au point un piano de concert à deux claviers, disposés de part et d’autre d’une seule table d’harmonie. Mieux que deux pianos emboîtés tête-bêche, cet unique quadrilatère bicéphale place les exécutants en parfait vis-à-vis, sans qu’ils doivent se chercher du regard par-dessus les pupitres décalés de leur instrument. Quant à la table d’harmonie, elle nimbe les notes de riches résonances voisées. Même si elle n‘a guère eu de postérité, cette invention facilite la paix des ménages dans l’exercice toujours vétilleux du jeu à deux pianos – tandem moins inconfortable- toutefois, que le «quatre mains», où les Partenaires, assis au coude-à-coude sur un mêrne tabourêt, jouent serré.
Au contraire, sur l’instrument Pleyel conservé au musée de la musique, Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès jouent large, avec une allégresse euphorique,comme on l’entend sur le deuxième volume de la collection «Les musiciens et la Grande Guerre».
De la transcription du Sacre du printemps à la suite En blanc et noir de Debussy, en Passant par la Fantasia Contrappuntistica de Busoni, leur programme affiche une belle cohérence – la dernière pièce d’En blanc et noir, composée en 1915, est dédiée par son auteur à «mon ami lgor Stravinsky », les deux hommes ayant, trois ans plus tôt, en iuin 1912, déchiffré côte à côte la première partie du Sacre encore inédite.

 

Gilles Macassar.Télérama 21 Juin 2014

 

ffff «Les musiciens et la Grande Guerre »
vol . 2, 1913, au carrefour de la modernité,
Busoni, Debussy,Stravinsky,
par Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès
éditions Hortus

 

 

 

Bach par Kurtàg – De parfaits ambassadeurs
« L’intemporel orgue-piano de Bach/Kurtàg n’abdique rien de son puritanisme et offre un étonnant contrepoint aux pages du compositeur hongrois, Dureau et Planès en élaborent une subtile synthèse et réalisent une ensemble planant, teinté de mysticisme, en parfaits ambassadeurs des travaux de Kurtàg »
Christian Wolff- DNA- Festival Musica 2009 Strasbourg – 28 Septembre 2009

 

 

« C’était le dimanche matin, sous les doigts des pianistes Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès qui faisaient renaître le big bang originel de « Kosmos », cette partition de Peter Eötvös inspirée par le vol de Gagarine en 1961 – c’était là, oui, que l’on goûtait le mieux l’univers du compositeur, sa conception originale du temps musical, et sa grande virtuosité à la déployer dans l’espace : il fallait être là, salle de la Bourse, à Strasbourg, un dimanche matin, à 11 heures, au cœur d’un public passionné, pour le vivre au plus près » 
Arnaud Merlin – France Musique /Les Lundis de la Contemporaine  – 1er Octobre 2010

 

« Avec ce concert consacré uniquement à des œuvres pianistiques du compositeur hongrois 
GyörgyKurtàg, Musica retournait aux sources mêmes de la musique, célébration liturgique dans une ferveur quasi religieuse. Dès les premières notes posées par Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès une sorte d’extase s’est emparée de la salle de la bourse. Et pendant une heure le public transporté a écouté les confidences de Kurtàg. Les deux pianistes n’ont pas peu contribué par leur toucher magique, leur miraculeuse synchronie et leur filiale modestie, à créer cet étonnant climat d’extase qui nous menait souvent aux limites du silence, un moment inoubliable. » 
4 Octobre 2009- L’ami Hebdo- Festival Musica 2009 Strasbourg.

 

« En guise de parfaite conclusion à ce week-end/portrait consacré par Musica à Peter Eötvös, le duo formé par les pianistes Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès nous invite en compagnie du compositeur hongrois à un voyage à travers l’univers…Avec ses contrastes extrêmes de registres, le piano d’Eötvös se situe au croisement des héritages de Debussy et de Bartók. De Bartók, il reprend également les idées de stéréophonie et de spatialisation du son, éclairant ainsi le cosmos d’un magnifique feu d’artifice de lumières, dont Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès nous livrent une lecture précise, intense et pleine d’à-propos. Par instants, on croit fugitivement entendre quatre, six ou huit pianos au lieu de deux, tant les jeux d’échos résonnent de l’un à l’autre… Ce concert de la conquête spatiale se conclut par une œuvre bien trop rare, d’un compositeur plus rare encore: CelestialMechanics de George Crumb, pour piano quatre mains amplifié. Le jeu des pianistes participe à ce spectacle de ballet énigmatique : la partition exigeant de « préparer » le piano pour en tirer des sons inouïs ou inhabituels, les deux hommes semblent se pencher sur la grosse caisse noire béante comme une équipe de chirurgiens sur un patient. Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès nous emmènent ainsi dans une toute autre dimension spatio-temporelle. Ils nous éloignent toujours plus de notre point de départ et nous enfoncent toujours plus avant dans le néant. »
Jérémie Szpirglas –Mediapart – 1er Octobre 2010

 

 

« Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès, pianistes de haut vol pour des partitions …célestes.
…Place à la musique des sphères avec Eôtvôs toujours et son Kosmos pour deux pianos, qui confirme ses capacités à faire beaucoup avec peu. Ici en matière de spatialisation du son sans le moindre recours à l’électronique. Limage d’un univers en expansion après le big bang est stylisée par le mouvement centrifuge de gerbes de notes et le déphasage rythmique des instruments. Pour CelestialMechanics de George Crumb, Jean-Sébastien Dureau et Vincent Planès se rejoignent sur – et parfois dans !- un Steinway préparé, excellant à défendre ce monde poétique qui nous extrait du champ de gravitation terrestre. » 
Pierre Rigaudière  –  DIAPASON  – Novembre 2010